Pendant une seconde, Hope resta immobile contre lui, le front presque appuyé au sien. Sa course à travers le château lui brûlait encore les poumons et son cœur refusait de retrouver un rythme normal. Les lettres froissées étaient toujours dans sa main quand elle murmura.
« Vous êtes un idiot, professeur. Un idiot prétentieux, insupportable et absolument incapable d'attendre cinq minutes dans un couloir. »
Elle serra les missives dans sa main, le sourire aux lèvres, incapable de retenir le rire nerveux qui finit par lui échapper. Elle avait passé la journée à fulminer contre lui, contre elle-même. Toutes ces semaines passées à l'observer, d'abord avec la curiosité du nouveau professeur.
Et puis quand les marques de son intérêt s'étaient manifestées, son regard sur lui avait changé. Elle avait répondu à ses sourires, au fur et à mesure. Et puis hier soir, il avait suffi qu'il pousse la porte de ce fichu bar pour que tout bascule. Au final, elle était encore en colère face à cette facilité qu'il avait de la déstabiliser. Mais à ce moment précis, il était là. Doucement, sa main libre remonta jusqu'à sa joue.
« Je n'ai aucune idée de ce qu'on est en train de faire. De nouveau, un rire nerveux lui échappa. Mais j'ai détesté te voir partir. Elle l'embrassa de nouveau. Je suis encore en colère contre toi d'ailleurs. Elle l'embrassa à nouveau. Ce qui est particulièrement agaçant. »
La jeune femme se réfugia contre lui, bien décidée à profiter du moment présent. Leur relation pourrait être clarifiée plus tard, quand ils auraient mis des mots dessus. Il était clair qu'elle avait envie de le revoir. C'était surtout de savoir ce à quoi tout cela les mènerait, qui trottait au fond de son crâne.
« Je suis désolée. »
Trois simples petits mots. Des mots qui lui coutaient plus de prononcer que toutes les courses folles dans les couloirs du château.
« Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris de vous embrasser devant la moitié de l'école, professeur. Elle eut un rire bref, se détachant de l'étreinte de son compagnon. Et je ne sais pas non plus ce qui nous arrive. Elle planta son regard dans celui du Fray. Mais oui. J'ai envie de te revoir et de passer la soirée avec toi. Probablement celle d'après aussi. Si tu en as envie. »
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